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CENTRES D’ART NUMÉRIQUES

Nîmes d'hier à aujourd'hui

Frise chronologique

-600 Premières traces d’habitats

Les premiers habitats attestés à Nîmes sont datés de la fin du VIe siècle avant J.C. Ils étaient constitués de cabanes de terre crue à toiture en torchis soutenue par des poteaux de bois. Elles ont été implantées près d’une source sacrée dédiée au dieu Nemaus (à l’emplacement de l’actuel Jardin de la Fontaine).

-100 La fondation de Nîmes

A cette époque, Nîmes n’est qu’un modeste village fortifié, un oppidum bâti sur les pentes du mont Cavalier, ce qui lui garantit un confort défensif. La prospérité de la colonie grecque de Massalia (actuelle Marseille) attire très tôt la convoitise des Romains. Lorsque cette dernière entre en conflit avec les tribus celtes des environs, la Cité demande elle-même de l’aide aux Romains. Dès lors, les Romains ne quittent plus la région et étendent leur territoire sur le rivage méditerranéen de la Gaule. Cette province, qui va des Alpes aux Pyrénées, prend alors le nom de Narbonnaise. La ville de Nîmes s’appelle alors Nemausus, nom d'un dieu gaulois dont le culte est lié aux sources sacrées qui jaillissent dans la cité.

-58 Début de la Guerre des Gaules

Jules César, se lance à la conquête des territoires gaulois pour le compte de Rome. La Guerre des Gaules, à la suite desquelles César sera proclamé empereur, dure ainsi 7 ans et mène les légions romaines jusque dans l’Allemagne actuelle. Bien que le Sud-Est de la France soit déjà très romanisé à l’époque, le règne de César assoit davantage la romanité. La ville se dote du droit latin qui lui confère une situation privilégiée et une relative autonomie. Ses habitants adoptent la langue, les lois et les coutumes des citoyens romains.

-15 Construction de la Tour Magne

Sous l'impulsion de l'Empereur Auguste, la ville prend un nouvel essor. Elle se dote d’un rempart de 7 kilomètres qui entoure plus de 200 hectares de terrain, ce qui est considérable pour une ville gallo-romaine. Il ne reste aujourd’hui de la fortification que la porte d'Auguste et la Tour Magne. Du latin "Turris Magna" signifiant "la grande tour", la Tour Magne est la plus haute des tours de l’enceinte fortifiée romaine. Sa construction englobe une tour gauloise plus ancienne d’environ deux siècles. Nîmes devient une des cités les plus importantes de la Narbonnaise et reçoit de l'empereur la faveur d'être appelée « Colonia  Nemausensis Augusta ».

2 Début de la construction de la Maison Carrée

En parallèle de la fortification, la ville se pare de nombreux édifices. La construction de la Maison Carrée fait donc partie de ce vaste programme mis en œuvre par l’empereur Auguste pour doter Nemausus des édifices publics indispensables à la vie de la Cité. Ce temple est destiné à accueillir le culte impérial. La Maison Carrée a été dédiée aux petits-fils d’Auguste. Son accès est réservé aux seuls prêtres. Rites, sacrifices et processions sont également réalisés à l'extérieur en présence des habitants de la Cité.

100 Début de la construction des Arènes

Dans l’Antiquité, les spectacles avaient d’abord lieu dans des théâtres en bois. Ce n’est que progressivement que ceux-ci ont été bâtis en pierre. Pour pouvoir contenir des combats d’animaux et de gladiateurs, les romains eurent l’idée de réunir deux théâtres face à face. Cette forme de piste en ellipse entourée de gradins est l’ancêtre de nos stades actuels. Les Romains avaient deux méthodes pour bâtir ce genre d'édifices : soit ils utilisaient la configuration naturelle du terrain (les gradins, sont directement appuyés sur la colline, comme au Théâtre Antique d'Orange), soit ils construisaient d'énormes murs pour soutenir les gradins, comme ici. Après 39 années de travaux, le bâtiment est achevé.

300 La fin des jeux du cirque

Peu à peu, les combats de gladiateurs se transforment en carnage et il n’est pas rare que les spectateurs eux-mêmes en viennent aux mains. A cette époque, l’Empire romain n'est plus qu'un colosse aux pieds d'argile, contesté de toutes parts : sur ses frontières par les attaques des Barbares et à l'intérieur par les chrétiens qui véhiculent des valeurs où les plaisirs païens n'ont plus leur place. L’Empereur Théodose fait du christianisme une religion d'État en 391. Les anciens temples païens se transforment en églises et le spectacle violent et cruel des jeux est remis en cause.

417 Les Arènes transformées en forteresse

Quelques années après que la gladiature ait été définitivement interdite, les Arènes, n’ayant plus aucune utilité, sont transformées en forteresse. Elles sont alors entourées d’une forte muraille constituée de blocs de l’époque romaine réemployés. Plusieurs fois assiégées, les Arènes montrent leur efficacité défensive.

1000 La Maison Carrée, maison consulaire

Jusqu’au XVIe siècle, la Maison Carrée est utilisée comme maison consulaire de la ville et prend le nom de Capitole.

L’historien nîmois Léon Ménard nous rapporte les transformations imposées à cet édifice qui font disparaître tous les vestiges antiques conservés à l'intérieur. "D’abord on divisa l’intérieur en plusieurs pièces, et même en deux étages ; on y forma des voûtes, on y construisit une cheminée, qui fut adossée contre le mur du levant, et un escalier à vis contre celui du couchant. De plus, pour éclairer ces nouveaux appartements, on y fit plusieurs fenêtres carrées. Les consuls […] firent fermer le vestibule par une muraille, qui allait d’une colonne à l’autre, alors, on ouvrit d’autres fenêtres et l’on fit une cave de la voûte souterraine du vestibule. On abattit aussi le perron".

1194 Les chevaliers dans l’Arène

Sous la suzeraineté des comtes de Toulouse, les Arènes deviennent le siège de la vicomté de Nîmes et de ses vassaux. Un château est édifié à l’intérieur du monument. Pendant un siècle, ses habitants vivent aux côtés des Nîmois sans trop se mélanger mais partagent quand même le contrôle de la ville avec la bourgeoise locale.

1226 Nîmes entre dans le royaume de France

Les Arènes perdent leur valeur militaire lors du rattachement du Languedoc à la France. Les Chevaliers sont évincés des Arènes par les troupes du roi Louis VIII, qui occupent la place jusqu’au XIVe siècle, avant d’aller s’installer dans un nouveau château construit sur l’emplacement de la porte d’Auguste. L’Amphithéâtre abandonné est alors livré aux particuliers.

1670 La Maison Carrée transformée en église

Les moines Augustins achètent la Maison Carrée pour y installer une église en pierre de taille. Ils en restent possesseurs jusqu'en 1789 lorsqu’elle est affectée au service du département et avant de devenir la première Préfecture du Gard en 1800.

1700 Les Arènes, quartier d’habitation

Une fois l’amphithéâtre livré aux particuliers, un véritable village se développe à l’intérieur des arènes. Il comptait encore 700 habitants au XVIIIe siècle, avec plus d’une centaine d’habitations et deux églises, Saint-Pierre et Saint-Martin. Ce petit quartier, desservi par des ruelles, perdure jusqu’en 1809 avec la destruction des constructions qui l’encombre.

1823 La Maison Carrée devient musée

Suite à la visite de Marie Thérèse Duchesse d’Angoulême (fille de Louis XVI et nièce de Louis XVIII), la Maison Carrée devient un musée et ouvre ses portes au public sous le nom de « Musée Marie-Thérèse ». Il présente des collections de peintures de l’époque moderne ainsi que des mosaïques, sculptures et fragments d’architecture de l’Antiquité romaine, exposés aujourd’hui au Musée Archéologique de la ville. 

1853 Les Arènes sont réhabilitées

L'idée de redonner à l'amphithéâtre son aspect antique date du roi François Ier. Mais, à l'époque, on se contente de déblayer les constructions dans la galerie du premier étage en laissant le chaos des maisons qui remplissent l'arène. Il faut attendre le XIXe siècle pour dégager les dernières maisons et que l’architecte Henri Revoil achève la restauration du monument. Une fois les arènes réhabilitées, elles accueillent leur première corrida.

1865 Des fouilles dans les Arènes

Des fouilles effectuées par l’architecte Henri Revoil permettent de prouver l’origine romaine des  sous-sols des Arènes et notamment de la salle cruciforme. Les trous dans lesquels se logeaient les poutres soutenant le plancher et deux contrepoids en plomb marqués au nom de la Respublica Nemausensis confirment la présence de trappes permettant de faire surgir ou disparaître les gladiateurs durant les spectacles.

2005 Culturespaces devient délégataire

Le 9 juillet 2005, le Conseil Municipal de la ville de Nîmes confie à Culturespaces la mise en valeur, la gestion des visites, l’animation culturelle et la promotion des trois monuments romains de la ville de Nîmes : les Arènes, la Maison Carrée et la Tour Magne.

2009 Première édition des Grands Jeux Romains

Chaque année, plus de 400 reconstituants viennent de toute la France mais aussi d'Allemagne et d'Italie pour faire revivre les légendaires jeux du cirque comme pouvaient les vivre les habitants de Nemausus il y a 2000 ans. Combats de gladiateurs, cour de char, défilé des légionnaires, cérémonie des offrandes… Les Grands Jeux Romains sont devenus un événement incontournable au printemps nîmois.