La fondation de Nîmes

Nous considérons souvent le brillant César comme l'unique conquérant de la Gaule, de 58 à 51 avant J.-C. En réalité, le sud-est de la Gaule était déjà très romanisé à cette époque. Au début du IIe siècle avant J.-C., des légions romaines avaient déjà franchi les Alpes, à l'origine pour secourir la colonie grecque de Marseille qui les avait appelés à l'aide. En effet, après une longue période de calme, ces Phocéens subissent depuis quelque temps des attaques violentes des tribus celto-ligures. Les légions romaines viennent donc combattre ces tribus locales, puis remontent le long du Rhône et parviennent à vaincre les Cimbres et les Teutons. Et profitant de l'aubaine, les Romains s'installent dans la région. Quelques décennies plus tard, ils ont constitué une vaste provincia allant de Lyon aux Pyrénées : la Narbonnaise. La ville de Nîmes s’appelait alors Nemausus, nom d'une source sacrée dédiée au culte du Dieu Nemausus.


Avant l'époque romaine, Nîmes est un modeste village fortifié, un oppidum, bâti sur les pentes du mont Cavalier, situation qui lui garantit un confort défensif. Sous le règne de César ou peu après, la ville se dote du droit latin qui lui confère une situation privilégiée et une relative autonomie. Ses habitants adoptent la langue, les lois et les coutumes des citoyens romains.


Par la suite, sous l'impulsion de l'Empereur Auguste, la ville prend un nouvel essor et se pare d'édifices, dont seule subsiste encore la Maison Carrée. Elle se dote d’un rempart de 7 kilomètres qui entoure plus de 200 hectares de terrain, ce qui est considérable pour une ville gallo-romaine. Il ne reste aujourd’hui de la fortification que la porte d'Auguste et la Tour Magne. Nîmes devient une des cités les plus importantes de la Narbonnaise et reçoit de l'empereur la faveur d'être appellée « Colonia  Nemausensis Augusta ».