Le saviez-vous ?
Les édifices civils romains
Les amphithéâtres, aujourd’hui appelés Arènes, comme les théâtres, les gymnases et les thermes faisaient partie des édifices publics que l’on élevait selon un plan quasi identique dans les colonies gallo-romaines d'une certaine importance. Pour le pouvoir romain, c'était un moyen de diffuser la culture latine dans les populations colonisées, mais aussi de les éloigner de toute préoccupation politique et de prévenir d'éventuelles révoltes.
Dans l’Antiquité, les spectacles avaient d’abord lieu dans des théâtres en bois. Ce n’est que progressivement que ceux-ci ont été bâtis en pierre. Pour pouvoir contenir des combats d’animaux et de gladiateurs, qui avaient initialement lieu dans des enceintes rectangulaires au milieu du forum, les romains eurent l’idée de réunir deux théâtres face à face. Cela présente l’avantage d’accueillir un grand nombre de spectateurs sans qu’ils ne soient gênés par un angle mort. Cette forme de piste en ellipse entourée de gradins est l’ancêtre de nos stades actuels. Les Romains avaient deux méthodes pour bâtir ce genre d'édifices : soit ils utilisaient la configuration naturelle du terrain (les gradins, sont directement appuyés sur la colline, comme au Théâtre Antique d'Orange), soit ils construisaient d'énormes murs pour soutenir les gradins. C'est le choix fait ici.
L'ordre social préservé
Chaque zone correspondait à une classe de la société : les gradins les plus proches étaient réservés aux notables et les plus éloignés au petit peuple et aux esclaves. Il n'y avait ainsi aucun risque de se croiser. Par des inscriptions conservées aujourd'hui au musée archéologique, nous savons par exemple que les bateliers du Rhône et de la Saône avaient des places réservées à leur corporation. Les premiers gradins, l'imma cavea, étaient les places de choix des honestiores, les notables et personnages importants de la ville. Les citoyens occupaient la media cavea, les gradins intermédiaires. Le peuple et les esclaves suivaient les combats de la summa cavea, les gradins supérieurs.
La vie quotidienne d'un citoyen aisé
Selon la place que l’on occupe dans la société, l'emploi du temps n'est bien sûr pas le même pour les habitants de Nemausus. Tandis que les commerçants et les artisans se tiennent dans leur échoppe, que les femmes et les esclaves vaquent aux soins de la maison et que les enfants sont à l'école, le citoyen aisé consacre un temps considérable à ses loisirs.
Le matin, il s'occupe de ses affaires, reçoit chez lui ou rencontre ses amis au forum. Après un déjeuner léger, il va au gymnase pour pratiquer des exercices. Puis, il va se faire laver et masser aux thermes voisins et nage un moment dans l'eau froide de la piscine.
Certains jours, il peut aller au théâtre ou assister à un concert, écouter une conférence ou des déclamations de rhéteurs. Parfois est annoncé pour l'après-midi un spectacle intéressant dans l'amphithéâtre. Le soir, épuisé par le spectacle, notre citoyen aisé retrouve ses amis pour la cena, le plus important des repas de la journée, qui se prend allongé et qui peut être agrémenté par une troupe de danseurs ou de chanteurs.
Les voies romaines
Les Romains installèrent en Gaule un réseau routier important. De Lyon partaient des routes dans toutes les directions et celle qui raccordait la vallée du Rhône jusqu’à la Méditerranée conduisait jusqu’à Rome. Plus de 20.000 km de routes rectilignes jalonnées de bornes à la gloire de l’Empereur reliaient Rome aux cités les plus éloignées de l’Empire. Les Romains comptèrent parmi les plus grands constructeurs de routes du monde. Aujourd’hui encore, les routes modernes empruntent souvent le tracé des anciennes voies romaines.
La gladiature
La vision que nous avons des combats de gladiateurs est totalement déformée par le cinéma. Les gladiateurs y apparaissent comme des esclaves voués à la mort afin de plaire à un public avide de sang. Les recherches historiques récentes permettent de revoir complètement cet a priori. La gladiature est désormais beaucoup plus perçue comme un véritable sport de combat pratiqué par des volontaires extrêmement bien entraînés. Même si la mort est toujours présente, elle n’a jamais un caractère systématique. A l’époque de l’amphithéâtre de Nîmes, c’est à dire aux IIe et IIIe siècle de notre ère, les gladiateurs sont presque exclusivement des hommes libres qui ont choisi ce métier à risque. Les motivations sont la recherche de la gloire, de l’argent et l’intégration à un monde qui fascine tous les romains du plus riche au plus pauvre.
Les gladiateurs
Chaque mort de gladiateur lors de combats doit être rachetée au lanista par l’organisateur des jeux, c’est pourquoi celui-ci épargne un certain nombre de vies.
Tous portent un surnom qui les accompagne jusque dans la tombe, tels Ferox (rapide comme l’éclair) ou Ursius (qui a la force de l’ours).
Gladiateurs, combattants courageux ou meurtriers sanguinaires ?
La réputation des gladiateurs est ambiguë. Beaucoup d'entre eux sont des vedettes adulées, exaltées par les poètes, immortalisées sur des vases, des coupes ou des fresques et idolâtrés par les femmes. Ils ne traînent pas moins derrière eux une odeur de sang et de violence. Ils doivent posséder une disposition naturelle à la violence pour espérer survivre. Cicéron dira détester les gladiateurs qui font tout pour obtenir la vie sauve et il encourage ceux qui montrent un mépris de leur vie.


