L'histoire de la Tour Magne

La Tour Magne

Dominant la cite depuis le sommet du mont Cavalier, la Tour Magne (Turris Magna, la Grande Tour) estun vestige de l’imposante enceinte romaine de l’époque augustéenne.

Elle doit son statut de plus ancien monument de Nîmes à une tour gauloise préexistante, qu’elle a englobée et surélevée. Sentinelle de pierre veillant sur la ville depuis plus de deux millénaires, elle offre un témoignage saisissant de l’histoire de Nîmes, incarnant la fusion entre les origines gauloises de la cite et son apogée romaine.

L’héritage gaulois

Les premières traces d’occupation dans la zone des Jardins de la Fontaine remontent aux alentours duVIe siècle avant notre ère. Les premiers vestiges d’habitations apparaissent quant à eux vers 2 500 ans avant notre ère. Ces occupations témoignent de la mise en place d’un ingénieux système d’oppidum, c’est-à-dire un village celte ou gaulois fortifié, protégé par des structures en bois, en terre et en pierres sèches. La première tour gauloise est édifiée à cette période et se dresse déjà sur cette colline. Construite en pierres sèches par le peuple des Volques Arécomiques vers le IIIe siècle avant notre ère, cette structure, haute d’environ 18 mètres, présente une forme caractéristique en « pain de sucre ». Elle constituait un élément défensif majeur de l’oppidum préromain, affirmant la puissance de l’oppidum de Nîmes.

La romanisation du site

Sous le règne de l’empereur Auguste, au début du ler siècle avant notre ère, Nîmes est dotée d’une nouvelle enceinte fortifiée longue de 6 kilomètres et ponctuée d’environ 80 tours. Loin de détruire l’ancien édifice des Volques, les ingénieurs romains l’intègrent et l’enveloppent en partie dans une construction monumentale. La hauteur de la tour est alors doublée pour atteindre environ 36 mètres, faisant d’elle un puissant symbole de la puissance romaine et signalant la présence du sanctuaire impérial de la source situé à ses pieds.

Architecture Imposante

De forme octogonale, la tour romaine repose sur un soubassement heptagonal. Elle comportait à l’origine trois niveaux, dont le dernier a disparu. Malgré ces transformations, elle s’élève encore aujourd’hui à environ 32,50 mètres, offrant un témoignage remarquable de l’architecture militaire romaine. Les niveaux supérieurs étaient autrefois décorés de pilastres d’ordre toscan et de colonnes engagées, soulignant la monumentalité de l’édifice. La tour permettait également de rejoindre le chemin de ronde de l’enceinte grâce à une rampe extérieure longue d’environ 70 mètres, dont les vestiges sont encore visibles. Un escalier intérieur de 140 marches conduisait enfin à la terrasse sommitale, utilisée comme point d’observation stratégique sur la ville et ses environs.

Evolution

Sa fonction a ainsi évolué : d’une tour de guet défensive pour l’oppidum gaulois, elle est devenue à l’époque romaine une démonstration de puissance ostentatoire, symbolisant l’autorité de Rome sur la cité. Au XIXe siècle, sa position stratégique est de nouveau mise à profit pour y installer un relais de télégraphe optique.

La Quête du Trésor de Traucat

En 1601, un riche marchand et pépiniériste nîmois du nom de François Traucat, convaincu par une prophétie attribuée à Nostradamus selon laquelle un trésor royal serait caché dans la tour, obtient du roi Henri IV l’autorisation de la fouiller.

Il entreprend alors de la vider entièrement de son remblai. Aucun trésor n’est découvert, mais cette intervention permet de révéler, en creux, la forme et le volume de la tour gauloise originelle, que les Romains avaient intégrée et préservée. Cette opération, menée sans précautions suffisantes, fragilise toutefois la structure et contribue probablement à la disparition de son dernier étage.Le Belvédère de Nîmes

Aujourd’hui, l’ascension des 140 marches de la tour offre une expérience remarquable. Au sommet, un panorama exceptionnel s’ouvre sur Nîmes, permettant d’embrasser d’un seul regard l’ensemble de la ville, la garrigue et le paysage gardois.

Par temps clair, la vue à 180° s’étend bien au-delà du territoire nîmois, jusqu’au Mont Ventoux, aux Alpilles et au Pic Saint-Loup, offrant un paysage ou se melent patrimoine urbain et grands horizons naturels.

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